Histoire de RUSS

L’origine du nom de Russ est incertaine. La première mention de la localité date du Moyen Age, en 1306. Elle provient de l’Evêché de Strasbourg qui mentionne deux localités, OBERRUSS et NIEDERRUSS. Le nom d’ensemble serait RUGI ou NUZI, ce qui signifie pour le premier « ruisseau »  et pour le deuxième « campagne », noms qui sont peut être d’origine celtique. Ces deux localités se trouvaient en dehors de l’emplacement actuel de la commune, aux lieux dits Jardin Batlo, Fontaine du Benz et Basse du Gros Colas, endroits situés en pleine forêt.

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 Peut être à l’époque gallo-romaine existait-il déjà une petite tribu au lieu dit Fontaine du Penz. Elle aurait subsisté jusqu’au 5ème siècle. Plus tard, au Moyen Age, apparait une petite localité au lieu dit Jardin Batlo, nommée à priori OBERRUSS, qui aurait existé jusqu’au début du 15ème siècle, abandonnée suite à un état d’extrême pauvreté.

La seconde localité nommée NIEDERRUSS aurait été active jusqu’en 1633, en pleine guerre de Trente ans, pendant laquelle les troupes suédoises ravagèrent le village, dont subsiste le nom « la place brûlée ».

Avant la guerre de Trente ans, le village de Russ comptait 42 familles, dont 12 seulement survécurent après l’invasion suédoise. En 1760, on comptait à nouveau 72 familles

En 1666, Russ faisait partie du baillage épiscopal de Schirmeck, et en 1761 formait une paroisse propre. A noter que l’église, qui était plutôt une grosse chapelle avec un clocher central, se trouvait à l’emplacement même du cimetière. Elle pouvait contenir environ 50 personnes. Dès 1540, cette église était mentionnée, alors que le village de Russ s’appelait RUOSE, en expression allemande. En français ou latin, le nom au fil des siècles fut : RUGI ou RUZI, puis RIG ou RIZ, et sans doute RUSS à partir de la révolution de 1789.

Oberruss et Niederruss étaient groupés autour d’un cloître et d’un moulin. Vers 1800, des habitants de Russ auraient encore observé des ruines dans la forêt, ainsi que les restes du moulin dont le canal subsista encore longtemps après. Il semble que certaines maisons construites à l’époque, le furent avec des pierres provenant de ces ruines.

Oberruss se trouvait près du hameau de Muckenbach. On y remarque un ruisseau et des résurgences d’eau. Un chemin est empierré, un peu comme à l’époque romaine. Un peu plus vers l’aval, on remarque un mur de pierre qui semble délimiter les pâturages des habitations. De nombreux entassements de pierres encore visibles, semblent indiquer l’emplacement des maisons. Il se peut qu’une carrière à ciel ouvert soit à l’origine de l’implantation de ces maisons.

Niederruss se situait au cours le plus haut du ruisseau qui traverse le village du sud-est au nord-ouest. On y remarque encore des pierres le long d’un pré dit du Garde Forestier, ainsi que des tertres en escalier semblant indiquer l’emplacement d’habitations. Au 19ème siècle, cet endroit fut occupé par des charbonniers qui y travaillaient.

Histoire de SCHWARTZBACH

Hameau de 150 habitants environ, Schwartzbach se situe sur le CD 804, entre Wisches et Grendelbruch, administrativement rattaché à la commune de  Russ.

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Au-dessus s’élèvent les côtes qui font partie du massif du Champ du Feu, qui s’étend du col de Steige jusque Grendelbruch, et sépare la vallée de la Bruche de celle de Villé. Sans le ruisseau du Schwartzbach, qui descend du Schwartzpital, il n’y aurait pas eu de village qui porte son nom.

Dès 1512, le nom du village de Schwartzbach figure dans les archives du Bas-Rhin. En 1666, on procède au renouvellement du ban de Russ. A cette occasion, on dresse la liste de propriétaires de maisons. On mentionne même un Oberschwartzbach et un Niderschwartzbach. Les vieilles maisons qui existent encore, gardent leur millésime inscrit sur les portes , datant de 1818, 1841 et 1858.

Schwartzbach fut fondé par des hommes venant de la montagne du Schwartzpital, d’où la peste les avait chassés. Tous sont des ouvriers paysans travaillant comme bûcherons. D’autres s’établissent comme voituriers, ou travaillent dans les usines et scieries des villages avoisinants. Après les heures de travail sur un chantier, on soigne les bêtes, une ou deux vaches, une chèvre des moutons ou encore un porc. De puis les premiers jours du printemps et jusqu’à la fin de l’automne, le pâtre communal conduit journellement le troupeau aux pâturages.

Le 14 août 1891, un incendie mémorable se déclara vers 2h du matin. En quelques instants le village s ‘était rassemblé pour combattre le sinistre. Combat extrêmement difficile, car il fallait chercher l’eau dans la Bruche qui coule en contrebas. Vers 14h, quatre autres maisons du centre prirent feu à leur tour, puis une cinquième deux heures plus tard. On attribua l’extension du sinistre à un chat au poil enflammé et qui aurait couru à travers les granges.

A ce village, il fallait une chapelle. Sa construction semble remonter au 18ème siècle. Le calvaire qui se trouve à côté de la porte d’entrée porte l’inscription, qu’en 1892, il fut épargné par les flammes. En souvenir il fut restauré en 1893.

Comme tous les villages de la vallée, Schwartzbach a profité d’un énorme progrès au début du 20ème siècle. En 1905 a été posée la conduite d’eau. En 1910, c’est la fée électricité qui fit son entrée dans chaque maison.

Vers 1900, quelques hommes du village trouvèrent la bonne roche, et dès 1905 début de l’exploitation de la carrière, ce fut une possibilité de travail commode pour les habitants. En 1955, l’exploitation s’arrêta, les concasseurs se turent, les ouvriers repartirent, le village retrouva le calme.

Depuis lors, les conditions de vie ont singulièrement changé, mais Schwartzbach demeure lui-même. Ses habitants se plaisent dans les lieux qu’ont aimés leurs aïeux, et de nombreux jeunes ménages s’y installent.

La MARBRIERE

La Marbrière était autrefois une carrière de marbre, d’où son nom, et son marbre était réputé pour sa grande qualité et sa beauté.

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C’est une société vosgienne qui entreprit l’exploitation de la marbrière vers 1834. Puis, après 1841, c’est un particulier qui prit la relève jusqu’en 1845. L’exploitation fut ensuite abandonnée, pour être reprise, semble-t-il, pendant la période allemande entre 1880 et 1918.

L’extraction des blocs de marbre se faisait avec les moyens de l’époque, tels que barre à mine, treuils, etc, … Pendant la période allemande, les blocs sciés au câble et au sable étaient chargés sur un chariot plat tracté par des boeufs, puis acheminés jusqu’à la gare de Wisches-Hersbach par le chemin dit de « Nounotes ». Enfin, une grue embarquait les pierres dans des wagons de marchandises.

En 1949-1950 subsistaient encore quelques blocs de marbre, qui pour raison inconnue, furent dynamités et emportés. Jusqu’en 1968, on pouvait encore voir un ensemble taillé appelé la « Table des Gaulois », composé d’un bloc principal et de deux autres plus petits. Ce bloc ne fut pas dynamité, mais emmené dans une autre localité alsacienne, qui avait sans doute jugé nécessaire d’en faire l’acquisition. A noter, qu’entre autres, proviennent de cette carrière les marches du banc de communion et l’autel de l’église de Russ, les quatre piliers du hall d’entrée de la préfecture de Strasbourg, ainsi que le mémorial Jules Ferry de Saint-Dié.  Selon le cadastre de 1838, le chemin menant à la carrière se situait entre les lieux dits  « la Grande Trabenheit » et « la Petite Trabenheit », aujourd’hui l’actuelle rue de la Croisette.